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Comprendre et saisir la pensée du Seigneur

par colibri le 24 août 2011 · 0 commentaire

dans la rubrique Christianisme pratique,Edification,Encouragement,Exhortations et sermons,Perfectionnement des saints

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par Frank A. Viola

Extrait du texte :  « Saisir la pensée de Christ »

 

Notre passe religieux : un obstacle

Je trouve que l’un des plus grands obstacles qu’on rencontre lorsqu’on cherche à connaître la pensée du Seigneur est notre antécédent religieux. A un moment ou un autre, nous avons reçu, chacun de nous, des lunettes au travers desquelles nous interprétons les Écritures, le Seigneur lui-même, et tout ce qu’il nous dit. Nous avons tous été sujet à cela. D’ailleurs, on se rend souvent compte, dans nos réunions combien notre vision est étroite. Très étroite.

Il est très important de comprendre que nous avons tous reçu nos propres lunettes. Je voudrais vous lire quelque chose d’assez amusant, qui illustre combien nos antécédents religieux est une influence puissante. La plupart d’entre nous en sommes déjà vaguement conscients. Mais j’espère qu’à la fin de ce message nous verrons plus clairement la puissance de notre passé religieux, et combien il influe sur notre vision du Seigneur et notre compréhension de ce qu’il nous dit.

C’est ce que j’appellerais :

« 14 façons d’interpréter un panneau STOP« .

Supposons qu’en allant au travail vous arriviez à un panneau STOP. Qu’est-ce que vous faites? Tout dépend de votre antécédent religieux. Y a-t-il quelqu’un ici d’un milieu catholique? Écoutez bien.

1. Un catholique bien éduqué continuerait sans s’arrêter, parce qu’il croit qu’il ne peut pas interpréter le panneau STOP sans s’appuyer sur son groupe religieux et sur ses traditions. Or, comme sa communauté ne prend pas très au sérieux les panneaux STOP, il ne ressent pas le besoin de s’arrêter. Soit dit en passant, c’est une assez bonne description de la mentalité catholique.

Y a-t-il quelqu’un de tradition fondamentaliste? Écoutez ceci.

2. Un fondamentaliste prendrait le texte à la lettre, et s’arrêterait, en attendant qu’on lui dise de continuer.

Combien viennent des grandes dénominations classiques, Luthériens, Méthodistes, Presbytériens, etc. ?

3. Un chrétien d’une des grandes dénominations ne prend pas la peine de lire le panneau, mais il s’arrêtera si la voiture devant lui s’arrête.

Combien ont suivi un séminaire? Ah, un homme au fond. OK, écoutez ceci mes frères.

4. Un pasteur évangélique issu du séminaire s’empressera de remarquer que « STOP » signifie « arrêt », c’est-à-dire un endroit où s’arrête un train ou un bus pour faire descendre les passagers. Le dimanche prochain, le point central de son message sera : le panneau STOP sert à indiquer les carrefours où la circulation est naturellement bouchée; par conséquent c’est un bon endroit pour faire descendre des passagers de votre voiture.

Qui parmi vous avait été légaliste?

5. Un légaliste ferait l’une des deux choses suivantes. Soit, il emprunte une autre route, qui ne comporte pas de panneau STOP, pour éviter d’enfreindre la loi. Soit, il s’arrête au panneau STOP et prie « Merci, oh Seigneur, de m’avoir ordonné de m’arrêter. » Ensuite, il attend trois secondes à sa montre, puis il poursuit sa route. Il veille aussi très attentivement aux autres voitures, au cas où quelqu’un brûlerait le stop, pour qu’il puisse les condamner.

Les théologiens parmi nous apprécieront ceci.

6. Un théologien averti ne manquera pas de remarquer qu’il n’y a pas de panneau STOP sur la rue Marc, alors qu’il y en a un sur les rues Luc et Matthieu. Il en conclut donc que les panneaux sur les rues Luc et Matthieu sont une imitation d’un panneau sur une rue « Q » dont personne n’a jamais entendu parler.

Combien d’entre vous êtes des mordus d’eschatologie? C’est-à-dire que vous vous intéressez beaucoup à la théologie des derniers temps. Vous essayez de reconstruire le puzzle, pour trouver l’identité de la bête et le troisième orteil du dragon. Écoutez ceci.

7. Un pasteur qui se base sur la théologie de la fin des temps remarquera que la racine carré de la somme des représentations numériques des lettres S-T-O-P (sigma tau omicron et pi suivant l’alphabet grec), multipliée par 40 (le nombre test), divisé par 4 (le nombre de la terre) est égale à 666. Il en conclut, par conséquent, que les panneaux stop sont des marques tant redoutées qu’a laissé la bête, un présage funeste du jugement divin, et qu’il doit les éviter à tout prix.

Qui parmi vous a des origines charismatiques ou pentecôtistes?

8. Un pentecôtiste charismatique ne s’arrêtera que s’il se sent guidé par l’Esprit, et si le panneau est mot rhema et non un mot logos.

9. Un pasteur de la prospérité s’arrêtera au panneau, fera une confession optimiste sur le fait de s’être arrêté, puis il présentera la prière de Jahbets, et conclura que Dieu le rendra riche.

OK, je m’avance maintenant en terrain dangereux alors ne jetez pas les pierres trop fort. Nous allons maintenant savoir si ce groupe est sensible.

10. Un arminien croit que s’il brûle le stop, il perdra son salut. Alors, avec peur et tremblement, il s’efforce consciencieusement à s’arrêter à chaque panneau.

11. Un calviniste croit que Dieu a déjà prédestiné son comportement devant le panneau. S’il brûle le STOP, c’est qu’il n’avait jamais été sauvé. S’il s’arrête, il était élu avant la création.

12. Un baptiste croit que Dieu veut de lui qu’il s’arrête au panneau, mais qu’il sera toujours sauvé s’il ne le fait pas. Car si tu t’es arrêté une fois, dans l’esprit de Dieu, tu t’es toujours arrêté.

13. En voyant le panneau STOP, un libertin commence à chanter « Alléluia, je suis libre », il appuie sur le champignon et grille le stop à toute allure. Puis il se fait renverser par un camion!

La dernière est dédiée à la théologie de libération. Je ne sais pas combien d’entre vous sont familiarisés avec cela, mais…

14. Un théologien de libération croit qu’un panneau STOP n’est fait que pour arrêter la classe élite et prospère. Les pauvres sont libres de brûler le STOP quand ils le souhaitent.

Voilà l’idée. C’est explicite, n’est ce pas? Nous avons tous des lunettes qui nous ont été données par notre éducation religieuse. Et nous interprétons les Écritures, nous interprétons le Seigneur et nous interprétons ce qu’il nous dit au travers de ces lunettes.

 

Comment Dieu communique sa pensée

Il y a deux choses dont j’aimerais vous parler dans ce qui va suivre. Premièrement, comment Dieu révèle-t-il sa pensée? Et deuxièmement, comment l’église peut-elle connaître cette pensée? Je vais tenter d’être aussi pratique que possible.

Je voudrais lire un passage très obscur dans l’Ancien Testament, tiré du livre de Jérémie. Jérémie 18:18.

« Et ils ont dit: Venez, complotons contre Jérémie! Car la loi ne périra par faute de sacrificateurs, ni le conseil faute de sages, ni la parole faute de prophètes. »

Il y a trois choses dans ce passage.

1. La loi et le sacrificateur.

2. La parole prophétique et le prophète.

3. La sagesse et le sage.

 

Nous avons là trois personnes ou instruments : le sacrificateur, le prophète, et le sage.

Nous avons aussi trois objets : La loi, qui va avec le sacrificateur ; la parole prophétique, qui va avec le prophète ; et la sagesse qui va avec le sage.

Les Hébreux divisaient l’Ancien Testament en trois parties. La première s’appelle la Torah, et elle comprend les cinq livres rédigés par Moïse — les cinq premiers livres de la Bible. C’est ça, la loi. C’est un ensemble d’écrits. Et tout au long de la Bible, ce sont les sacrificateurs qui enseignent à partir de la loi.

La deuxième partie de l’Ancien Testament, selon les Juifs, ce sont les Prophètes, c’est-à-dire les grands prophètes comme Jérémie et Daniel, les petits prophètes, tels que Zacharie, Sophonie, et Joël, et les livres historiques comme Rois, Samuel, et Chroniques. L’acteur principal de ces livres, c’est évidemment le prophète.

La troisième partie de l’Ancien Testament, c’est ce qu’on appelle les écrits de Sagesse. Il s’agit des Psaumes, ainsi que ces livres dont on ne parle quasiment pas dans les milieux évangéliques, les Proverbes, l’Ecclésiaste, et le Cantique des Cantiques. Dans les écrits de Sagesse, l’acteur principal, c’est le sage.

Je crois, que ces trois sections de l’Ancien Testament représentent les trois manières principales dont Dieu se sert pour communiquer sa pensée à son peuple.

 

Les trois modes d’expression de Dieu

Cela dit, examinons maintenant plus précisément chacune de ces trois formes. Et encore une fois, ceci va prendre un aspect très pratique pour nous tous qui nous réunissons  dans les églises.

 

La loi. La loi contient les fondements sur lesquels est bâtie la communauté du peuple de Dieu. Je répète. Elle contient les fondements sur lesquels est bâtie la communauté d’Israël, le peuple de Dieu. La loi, c’est l’Évangile de l’Ancien Testament. Et l’Évangile de l’Ancien Testament, c’est simplement la délivrance d’Israël hors d’Égypte. Dans la loi sont inscrits les principes universels et invariables de Jahvé. Ses principes moraux. Ce sont les principes qui découlent de sa nature-même. Ils ne changent pas. Ils ne font pas de compromis. Voilà ce que communique la loi. Ce sont les fondements d’Israël, le peuple de Dieu. Et ils ne changent pas. C’est la loi qui nous donne ces principes moraux invariables qui sont en Dieu lui-même. Ils sont exprimés dans ces écrits.

 

Venons-en maintenant aux prophètes. Les prophètes sont très intéressants parce qu’ils semblent souvent contredire la Loi. Le prophète, qui est l’instrument de toute la littérature prophétique, c’est celui qui entre dans la communauté du peuple de Dieu, pour renverser les croyances et les traditions. Il remet en question ce que font les croyants en réponse à l’enseignement de la loi, qui est souvent transformée en un rituel mort, ou bien, elle est totalement mal interprétée.

 

Ensuite il y a les écrits de Sagesse, qui me semblent être une des parties les plus intéressantes de toutes les Écritures. C’est en tout cas l’une des plus négligées. Les écrits de sagesse contiennent quelque chose dont nous les chrétiens ne disposons pas en grandes quantités: la sagesse. C’est la vérité. Combien de fois avez-vous entendu prêcher sur les Proverbes ou l’Ecclésiaste dans l’Église institutionnelle? Pas souvent. De toute la Bible, ce sont les livres les plus négligés.

Je ne cherche pas à définir la sagesse. Je voudrais simplement en parler un peu parce que je considère qu’il est important que nous comprenions ce que dit cet ensemble d’écrits. La sagesse, c’est la connaissance acquise par l’expérience. Mais la sagesse a toujours un aspect prophétique. Un sage, c’est quelqu’un qui peut dégager de son expérience certains principes récurrents. Du coup, il peut prédire ce qu’il adviendra d’une situation donnée. Il y a toujours un aspect prophétique à la sagesse.

Il y a un passage dans les Évangiles (Luc 11:49) où Jésus dit: « C’est pourquoi la sagesse de Dieu a dit : Je leur enverrai des prophètes et des apôtres; ils tueront les uns et persécuteront les autres. » Jésus parle ici aux pharisiens. Remarquez qu’il ne dit pas « Voici ce que dit la parole de Dieu ». Non, il dit : « Voici ce que dit la sagesse de Dieu », je vous enverrai [futur] ces hommes, et vous, vous les tuerez [futur].

Souvenez-vous de Salomon. A part Jésus Christ, c’était l’homme le plus sage qui ait marché sur la terre. Pensez à la première expression de sa sagesse. Vous souvenez-vous de ce que c’était? Après avoir reçu de Dieu de la sagesse, il lui fut présenté un dilemme. Deux femmes étaient venues à lui, prétendant toutes deux être la mère d’un enfant. Salomon a trouvé solution à ce dilemme. Il dit, « D’accord, donnez-moi une épée, je vais diviser l’enfant. On va le partager entre vous deux. Ainsi, vous en aurez toutes les deux une moitié. »

Du coup, l’une des deux femmes s’est écriée, « Ne le faites pas! Donnez l’enfant à l’autre femme! C’est elle la vraie mère! » Bien sûr, c’est celle qui avait protesté qui était la vraie mère. Salomon avait eu la sagesse de voir dans le futur. Il savait que s’il proposait cette solution il pourrait trouver quelle était la mère de l’enfant.

Ainsi, un sage, c’est quelqu’un qui peut dire, « Ce que vous proposez semble bon, mais en fait, ça ne pourra pas marcher, et voici pourquoi… ». Cela, c’est une parole de sagesse. Les Proverbes disent « L’homme prudent voit le mal et se cache ».

Dans les écrits de sagesse, il ne s’agit donc pas d’établir les principes de Dieu, ni, comme dans la prophétie, de chercher à manifester la volonté de Dieu, au moment où son peuple a fait de ses principes des rituels, et s’en tient à la lettre de Sa loi. La sagesse de Dieu demande « Est-ce que c’est sage? Ou est-ce de la folie? Quel en sera le fruit? » C’est une tout autre question.

 

J’ai été placé, il y a quelques années, dans une situation un peu délicate, quand un des enseignants à mon école est mort durant la journée de cours. Il a eu une crise cardiaque, et il est mort subitement sur les lieux du lycée. Et bien-sûr, on m’a demandé de faire les obsèques. Initialement, je me suis dit « Non! Ce ne m’intéresse pas de faire les obsèques! » Mais en y repensant, je me suis rendu compte que ce serait une bonne occasion de prêcher l’évangile.

Alors, que diriez-vous à vos collègues, dont la plupart ne sont pas chrétiens, si vous deviez faire des obsèques? Environ 200 personnes se sont présentées. De quoi parleriez-vous? Plus que jamais, j’avais besoin de sagesse. Et je n’en avais pas beaucoup.

J’ai trouvé un passage dans l’Ecclésiaste, ce livre obscur dont personne ne parle jamais. Je trouve pour ma part que l’Ecclésiaste est l’un des livres les plus pragmatiques de toutes les écritures. Il parle de la vie sous le soleil. C’est le thème tout au long du livre. Comment marche la vie. De quoi est fait le comportement humain. Comment fonctionne le système du monde. Comment réagissent les êtres humains. C’est un livre rempli de sagesse. C’est vraiment l’opposé d’Éphésiens. Dans Éphésiens on est dans les nuées. On n’est même pas sur Terre. L’Ecclésiaste nous ramène dans la boue d’ici-bas, et nous montre comment les choses se déroulent sur cette planète.

Eh bien, il y a un passage intéressant dans Ecclésiastes 7, qui dit « Mieux vaut aller dans une maison de deuil que d’aller dans une maison de festin; car c’est là la fin de tout homme, et celui qui vit prend la chose à cœur. »

J’avais trouvé mon texte pour les obsèques, tiré directement du livre d’Ecclésiaste. Donc j’ai prêché la mort. J’ai prêché qu’il est bon d’être dans la maison du deuil, car nous mourrons tous un jour. Et ensuite j’ai prêché Christ, la résurrection. Mais je remercie Dieu pour l’Ecclésiaste. J’aime beaucoup le livre d’Ecclésiaste!

 

L’instrument des écrits de Sagesse, c’est le sage, ce vieil homme sage aux cheveux gris. On recherche son conseil car, par sa grande expérience de la vie, il peut voir dans le futur.

 

La voix du Seigneur dans la pratique

Il y a trois façons que le Seigneur utilise pour exprimer Sa volonté. Je vais tenter de résumer ce que nous venons de dire d’une autre manière.

Le sacrificateur tire son autorité de la loi. La loi contient ce que le Seigneur a dit à un moment dans le passé. La loi contient le fondement que Dieu a donné à la communauté.

Le prophète tire son autorité de sa perception de la volonté actuelle du Seigneur. L’Esprit l’inspire pour exprimer la volonté de Dieu pour aujourd’hui : ici et maintenant.

Le sage tire son autorité de son expérience et du fruit de sa sagesse, et ce qu’il dit peut être éprouvé par les conséquences futures de son conseil. (« La sagesse est justifiée par ses enfants » a dit le Seigneur – Luc 7:35).

Le Seigneur exprime sa volonté de trois façons.

La loi regarde dans le passé et voit ce que Dieu a déjà dit. Elle examine le fondement sur lequel la communauté est construite.

Le prophète regarde le présent et demande « Que dit Dieu aujourd’hui? Quelle est la parole du Seigneur pour maintenant ». Si le peuple de Dieu passe à côté de ce que le Seigneur a dit, ou qu’il en a fait un rituel ou une pratique morte, le prophète vient pour annoncer la parole du Seigneur pour aujourd’hui et pour renverser nos pratiques erronées.

Le sage regarde vers le futur et demande « Où va la communauté? Vers quoi se dirige-t-elle? Comment nos décisions d’aujourd’hui vont-elles influer sur le futur? »

 

Dans l’église, nous avons à faire face à un grand nombre de décisions. Certaines se résolvent spontanément, sans beaucoup de réflexion ou de discussion. La réponse est très claire pour tous les frères. Mais parfois nous avons à faire à des problèmes très complexes, et il nous faut du temps pour en arriver à une solution.

Par conséquent, si l’église doit prendre une décision …

Quelqu’un qui regarde à travers les lunettes de la loi demandera « Est-ce scripturaire? Est-ce que cela possède un fondement dans ce que Dieu a déjà dit? Est-ce en accord avec les principes spirituels? Est-ce que c’est juste? »

Un autre, qui regarde à travers les lunettes de la littérature prophétique demandera « S’agit-il de ce que Dieu veut nous dire aujourd’hui? Est-ce dans cette direction que le Seigneur vous nous mener maintenant? S’agit-il du fardeau de l’Esprit pour aujourd’hui? »

Une personne qui regarde à travers les lunettes de la parole de sagesse ne posera pas la question « Est-ce juste? Est-ce scripturaire? »; il ne demandera pas non plus « S’agit-il de ce que le Seigneur veut nous montrer aujourd’hui? »; non, il posera plutôt la question: « Est-ce de la sagesse ou de la folie? Où cela va-t-il nous mener? Qu’en sera la conséquence? »

Pour l’exprimer dans le langage de la Bible : Le sacrificateur demande « Que signifie ces pierres? », le prophète demande « Y-a-t-il une parole du Seigneur? », et le sage demande « Où se trouve la sagesse? ».

Ce sont trois façons d’aborder le même problème, mais c’est ainsi que le Seigneur communique sa volonté.

 

Les dangers de chaque méthode

Ce que je m’apprête à dire est très important. J’espère que vous serez très attentifs à ce qui suit.

Chaque façon que Dieu utilise pour communiquer sa pensée possède ses propres dangers. Elles ont toutes leur propres périls, leurs propres dangers, qu’on ne peut éviter qu’en écoutant attentivement les autres formes d’expression.

Par exemple, si une église ne vient à écouter et à reconnaître le Seigneur que par l’expression de la loi, alors dans le meilleur des cas elle deviendra ritualiste. Elle se retrouvera à faire les mêmes choses chaque année. Comme les choses ont toujours été, ainsi nous continuerons toujours. Aucun changement. Nous nous retrouvons comme toujours dans le même rituel mort. Dans le pire des cas, elle deviendra légaliste. Ca c’est seulement s’ils voient à travers une paire de lunettes — s’ils ne reconnaissent pas que le Seigneur s’exprime de plusieurs façons. Vous me suivez?

Une église qui ne voit qu’à travers les lunettes de la prophétie se retrouvera avec un autre problème. Dans le meilleur des cas, elle sera instable et irrégulière. Dans le pire des cas, elle pourra être séduite, car un prophète peut être vrai ou faux. Son inspiration peut être fausse. Par conséquent, la parole du prophète demande du discernement. L’église doit exercer du discernement pour éprouver la parole de prophétie–pour savoir si elle vient de Dieu ou non. Comment faire cela? Eh bien, une parole de prophétie sera fidèle à ce que Dieu a dit dans le passé. Elle va également faire preuve de sagesse.

Enfin, bien sûr, l’église qui ne voit qu’à travers les lunettes de la sagesse aura tendance à se diriger vers un raisonnement humain, laïque. Une vaine philosophie. De bonnes idées qui n’ont aucun rapport avec Dieu ou Jésus Christ. Car la véritable sagesse sera toujours fidèle à ce que Dieu à déjà dit — la loi. Et elle sera aussi attentive à la parole de prophétie.

Par conséquent, il faut que les trois méthodes agissent dans l’église. Nous en avons besoin car le Seigneur utilise ces trois moyens pour s’exprimer. Il communique sa pensée au travers de ces trois façons différentes.

 

Les trois dénominations

Voici ce que j’ai à coeur de vous dire : notre antécédent religieux nous a conditionné, vous et moi, à reconnaître la voix du Seigneur d’une seule manière. En d’autres termes, nous avons été conditionnés par notre antécédent religieux à ne reconnaître, et à n’approuver qu’une seule forme d’expression de la voix du Seigneur.

Par conséquent, si vous venez d’un milieu fondamentaliste, quel est le moyen par lequel vous percevez la volonté du Seigneur? La loi. Il faut que cela se fonde dans les Écritures. Il faut que cela fasse référence à un grand principe de Dieu, sinon vous ne reconnaissez pas que cela vient du Seigneur. Ces lunettes étroites vous ont empêché de l’entendre et de le reconnaître sous d’autres formes.

Si vous possédez des racines charismatiques ou pentecôtistes, quel est le moyen privilégié par lequel vous entendez le Seigneur ? La parole de prophétie. Il faut que ce soit « ce que le Seigneur nous dit maintenant », « la parole du Seigneur pour aujourd’hui ». Ce que le Seigneur a dit dans le passé, ou ce qui est enregistré dans la Parole n’a pas d’importance pour vous. « Peu importe ce qu’Il dit dans le passé ». De la même façon vous êtes insensibles à la parole de sagesse.

Si vous provenez de l’église traditionnelle, il s’agit de ce qui semble raisonnable. Votre terrain c’est la sagesse. Peu vous importe ce que le Seigneur a dit dans le passé. En ce qui vous concerne, la parole de prophétie et la révélation n’ont aucune valeur.

Il s’agit ici de: « Celui qui pense« , « Celui qui ressent« , « Celui qui agit« .

En effet, ceux qui pensent ce sont ceux qui sont attachés à la loi. Ceux qui ressentent, ce sont ceux qui ont un penchant pour la prophétie. Ceux qui agissent, ce sont ceux qui mettent en avant la parole de sagesse. Trois tempéraments, trois dénominations, trois façons dont le Seigneur s’exprime. (Soit dit en passant, il est intéressant de remarquer que notre tempérament est étroitement lié à nos racines religieuses. Dans la plupart des cas, nous sommes attirés par la dénomination qui correspond le mieux à notre tempérament).

De part notre antécédent religieux, nous avons été conditionnés pour reconnaître la voix du Seigneur au travers d’une seule de ces formes. Nos racines religieuses sont un obstacle majeur qui nous empêche de nous saisir de la pensée de Jésus Christ.

Voici ce que je voulais vous dire. Le Seigneur Jésus Christ nous révèle sa pensée à travers ces trois formes. Rappelez-vous ce que dit Paul (je résume) « Jésus Christ n’est pas une idole muette, il a le pouvoir de s’exprimer. Comment s’exprime-t-il? Par son corps! Car il y a plusieurs ministères, mais un seul Seigneur. Plusieurs dons, mais un seul Esprit. Plusieurs opérations, mais un seul Dieu. Il y a de la diversité dans le corps de Christ ».

 

Jésus Christ : l’instrument et la forme

Nous devons être sensibles à tous les moyens par lesquels Dieu s’exprime. Ils doivent tous être réunis. Savez-vous pourquoi? Pouvez-vous me dire pourquoi?

C’est parce que Jésus Christ englobe ces trois formes. Il est la réalité et l’incarnation des instruments dont sont issus ces trois formes.

Le Seigneur Jésus est le véritable Sacrificateur ! Et tous les sacrificateurs qui l’ont précédé, que ce soit Melchisédech, Aaron ou Esdras, n’étaient qu’une image de Christ, le véritable Sacrificateur.

Ce n’est pas tout. Il est la Parole. Il est la personnification des principes de Dieu. Il est l’incarnation du fondement de Dieu Lui-même. Qu’a dit Paul aux Corinthiens? « Il n’y a qu’un seul fondement, et c’est Jésus Christ ». Il est la loi. La vraie Loi.

Je pense que lorsque l’on regarde les Evangiles, la meilleure image de cela, c’est quand on voit le Seigneur sur la montagne et ses disciples autour de lui. Il leur délivre ce que nous appelons le sermon sur la montagne. Nous avons ici Jésus Christ, le véritable Sacrificateur, en train de dévoiler la véritable Loi, qui est lui-même. Tout ce qu’Il leur dit, les véritables principes de Dieu et les fondements de la communauté céleste, c’est Lui-même. Tout est une expression de Sa nature. Il n’y a aucun autre fondement qui puisse être posé que Jésus Christ. Il est le Sacrificateur et Il est la Loi.

Mais ce n’est pas tout.

Jésus Christ est le vrai Prophète! Les prophètes ont affligé ceux qui se complaisaient dans le confort et ont réconforté ceux qui étaient affligés. Jésus Christ est le vrai Prophète. Il n’y a qu’un seul prophète, mes frères. C’est Christ. Tous les prophètes de Moïse à David ou Elisée étaient une préfigure du vrai Prophète, Christ.

Mais ce n’est pas tout.

Il est la Parole de Prophétie elle-même. Il est le Logos. Le témoignage de Jésus est l’Esprit de prophétie.

Je pense que la meilleure illustration de ceci se trouve au moment où Jésus est assis dans une salle avec les Pharisiens. Il apporte une parole explosive, gênante, qui les bouleverse. Cette parole détruit leur compréhension de la Loi et leur manière ritualisée, traditionnelle et formelle d’interpréter l’Ancien Testament. En tant que Prophète, il vient bouleverser tout cela.

Mais ce n’est pas tout.

Jésus Christ est le vrai Sage. « Un plus grand que Salomon est venu ». Mais il n’est pas seulement le Sage parmi les sages, il est la Sagesse elle-même! Paul dit aux Corinthiens que « Jésus Christ est la Sagesse de Dieu … Dieu l’a fait Sagesse pour nous ».

Observons-Le dans les Evangiles quand il annonce les paraboles. Il est rempli de sagesse et de discernement. Ces paraboles sont tirées de Son expérience d’homme. Et la plupart d’entre elles éclairent le futur. Dans ses paraboles, Christ est le Sage parmi les sages … La Sagesse incarnée.

 

Que signifie tout cela pour nous ? Cela veut dire que ce Christ qui agit en nous parle, et que quand il parle à travers certains, Il parle en tant que Prophète, à travers d’autres Il parle en tant que Sacrificateur et à travers d’autres Il parle en tant que Sagesse.

Cela peut paraître différent, mais c’est le même Christ! Chacun, à cause de racines religieuses est conditionné à L’entendre d’une seule façon. Mais écoutez-moi : en s’ouvrant les uns aux autres, en reconnaissant ce qui est de Christ dans chacun, nous nous ouvrons à la totalité de Christ et à Sa manifestation totale. C’est ainsi que nous pouvons nous saisir de la pensée du Seigneur.

 

Une dernière illustration

Maintenant, je voudrais donner un exemple de la vie de tous les jours. C’est arrivé il y a plusieurs mois. Je vais protéger les noms des églises auxquelles c’est arrivé en leur donnant un autre nom.

Il y avait une réunion de l’église de Charlesville. Le sujet de discussion était un problème que rencontrait l’église de Romainville. Les frères de Charlesville se sont réunis dans une pièce pour discuter du problème que traversait l’église d’une autre ville: l’église de Romainville.

Tous les frères dans cette réunion ont pris la parole. Il s’est trouvé que j’étais là. J’ai observé et participé à cela. C’était très intéressant, car chaque frère a pu partager. Et dans tout ce qui a été dit, chacun avait une approche différente.

Certains parlaient selon le mode que l’on a pu appeler Loi. Maintenant écoutez leurs questions, écoutez leurs commentaires. « Existe-t-il un exemple dans les Écritures où une église aide une autre à traverser une crise? ». Puis un autre frère ajoute, « Eh bien, vous savez, il faut que nous fassions attention à ne pas dépasser nos limites, parce que nous n’avons aucune autorité dans cette autre église. Elle appartient à une autre ville. Nous devons donc discerner la différence entre aider et prendre le contrôle ».

Ces questions ne concernaient qu’un seul aspect de la voix du Seigneur. Sa Parole dans le passé. La question soulevée était: est-ce que cela émane de ce que Dieu a déjà dit. Soyons sûr que nous sommes en accord avec les principes divins dans ce que nous faisons.

D’autres frères dirent des choses comme ceci : « Nous devons garder à l’esprit que ce que le Seigneur recherche vraiment ce n’est pas la résolution du problème en lui-même. Ce qu’il recherche, c’est l’affermissement des frères de Romainville. C’est réellement ce sur quoi nous devons diriger notre énergie. Les affermir pour qu’ils puissent faire face à d’autres crises. Cela est seulement la première de nombreuses autres crises. Il faut que nous nous impliquions. Nous sommes tous d’accord là-dessus. Le fardeau de Dieu pour nous, c’est d’affermir les frères de Romainville ». Voici la parole de prophétie qui se manifeste.

Il y avait des frères qui disaient des choses comme ceci: « Très bien, si on y va et qu’on leur dit ce qu’ils doivent faire, il va se passer ceci et ceci et aussi telle chose. Si on leur dit de venir, cela va arriver et ceci, et aussi cela. Si on y va et qu’on les encourage, et qu’on fasse en sorte qu’ils règlent le problème eux-mêmes, voilà ce qui va se passer, et aussi ceci et cela. » Qu’est-ce que cela? C’est la parole de Sagesse. C’est le discernement.

Dans cette réunion, la pensée du Seigneur nous a été révélée des trois façons. Sensibilité à Sa parole passée, perception de sa parole présente, et prévoyance en ce qui concerne le futur. Mes frères, quand la réunion était terminée et et que chaque frère avait fini de parler, nous avions la pensée de Jésus Christ! Nous avions saisi la pensée de Jésus Christ! Parce qu’Il avait parlé à travers toutes les différentes formes, et nous l’avons reconnu dans les uns et les autres.

 

Le défi qui se présente à nous ce soir, c’est de laisser tomber nos visions trop étroites. Mon frère Jéthro a partagé avec nous quelque chose aujourd’hui et vous savez quoi? 90% de ce qu’il a dit est peut-être complètement hors sujet. Il est facile de critiquer ces 90%. C’est tellement facile d’écouter un frère parler et de seulement regarder à ce qui n’est pas juste dans ce qu’il dit. Voilà ce que nous devons faire, mes frères; reprendre un frère est bon et nécessaire. Mais vous savez quoi? Parfois nous n’entendons pas les 10% dans lesquels Jésus Christ parle à travers ce frère. Vous saisissez cela? Nous ne voulons pas le reconnaître parce que ce n’est pas ce à quoi nous sommes habitués. Ca nous change. Nous ne sommes par habitués à entendre le Seigneur parler de cette façon. Donc si nous voulons continuer à avoir la pensée du Seigneur, restons toujours attentifs au fait qu’Il parle de toutes ces différentes manières.

Il est la Loi. Il est la parole prophétique. Et Il est la Sagesse. Dans l’église, il est possible de découvrir la pensée de Christ. En dehors de l’église, ce n’est pas possible…

Mais ici, dans les églises, loué soit Dieu, Jésus Christ parle à travers nous. Mes frères, vous avez expérimenté tout ce dont j’ai parlé ce soir. J’ai simplement donné des mots pour l’exprimer. Et peut-être une plus grande sensibilité au fait que le Seigneur révèle Sa pensée à travers chacun. Mon exhortation pour vous est la suivante. Continuons de L’écouter quand Il parle, même si cela sonne différemment à nos oreilles.

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